Un rectangle noir n'efface rien
Poser un rectangle noir sur un nom, dans une visionneuse PDF, ne retire pas le nom. Il reste écrit dans le fichier, sous le rectangle, et il ressort au premier copier-coller.
L'épreuve du copier-coller
Un rectangle noir posé dessus
Ce que rend un copier-coller
Nom : Jean Dupont, né le 3 mai
Caviardé : les caractères retirés
Ce que rend un copier-coller
Nom : , né le 3 mai
Les deux pages se ressemblent au pixel près. Seul le copier-coller les distingue, et vous pouvez le faire ici : sélectionnez la ligne de gauche, rectangle compris, et collez-la ailleurs.
La même épreuve sur un vrai PDF. Les deux fichiers portent le même document fictif : noirci au rectangle dans le premier, caviardé par Atelier Docs dans le second. Ouvrez-les, sélectionnez une zone noire, copiez, collez.
Ce qu'un aplat fait vraiment
Un PDF n'est pas une image de page : c'est une liste d'instructions de dessin. Écrire « Dupont », puis poser un rectangle noir aux mêmes coordonnées, donne deux instructions successives et non une correction de la première. Le lecteur les exécute dans l'ordre et vous montre le rectangle. La chaîne « Dupont », elle, n'a pas bougé du flux de contenu. Tout ce qui lit le fichier au lieu de le regarder la retrouve : un copier-coller, un extracteur de texte, un moteur d'indexation, un lecteur d'écran.
Le vérifier prend dix secondes
Ouvrez le document, sélectionnez la zone noircie à la souris comme si vous vouliez la lire, copiez, collez dans un éditeur de texte. Si le texte apparaît, il n'a jamais été retiré. L'épreuve vaut pour n'importe quel document reçu, y compris d'une administration ou d'un cabinet, et elle ne demande aucun outil. Un résultat vide ne prouve pas tout, mais un résultat plein clôt la question.
Retirer les glyphes, pas la ligne
Retirer vraiment un mot demande de le sortir du flux, caractère par caractère. Le faire naïvement décale tout ce qui suit sur la même ligne : « Nom : Jean Dupont, né le 3 mai » deviendrait « Nom : , né le 3 mai » avec la fin de la ligne remontée de plusieurs centimètres, ce qui se voit et trahit la coupe. L'avance de chaque glyphe retiré doit donc être rendue par un écart de crénage exactement équivalent, de sorte que le reste de la ligne ne bouge pas d'un point.
Le texte qui n'est pas dans la page
Trois endroits échappent au flux de la page et se font oublier. Les annotations d'abord : un commentaire, un lien, une infobulle portent leur propre texte, et une infobulle suffit à révéler ce qu'un aplat cachait. Les formulaires aplatis ensuite : leurs valeurs ne sont pas dans la page mais dans des objets appelés séparément, si bien qu'un traitement qui s'arrête au flux laisse intact exactement ce qu'on venait retirer. Les images enfin : un nom lisible sur un scan est fait de pixels, et seul le noircissement des pixels eux-mêmes le retire.
Ce que le caviardage ne couvre pas
Trois choses restent, et mieux vaut les savoir. Le titre, l'auteur et les mots-clés rangés dans les propriétés du document ne sont pas du contenu de page : ils se nettoient avec l'outil « Métadonnées ». Un document signé perd sa signature dès qu'il est modifié, caviardage compris, ce qui est le comportement attendu d'une signature et non un défaut. Et rogner n'efface pas davantage : la matière hors cadre cesse d'être affichée mais reste écrite dans le fichier.
Caviarder un document
L'outil retire les glyphes du flux, descend dans les objets de formulaire, supprime les annotations et noircit les pixels des images. L'aplat est posé en dernier, non pour cacher puisqu'il n'y a plus rien à cacher, mais pour qu'un document caviardé se voie caviardé : un blanc laisse croire à une page mal imprimée. Tout se passe dans votre navigateur, le document n'est pas téléversé.